Présentation du musée

 

Un musée au cœur de Romorantin

Situé dans le centre de Romorantin-Lanthenay, capitale de la Sologne, le Musée de Sologne vous accueille dans un cadre patrimonial exceptionnel. Les trois bâtiments qui le composent, le moulin du Chapitre, le moulin de la ville et la Tour Jacquemart sont à cheval sur la Sauldre, rivière au rôle déterminant dans l’histoire de cette cité.

Ces moulins à eau sont le reflet des activités artisanales, puis industrielles, qui ont fait vivre les romorantinais pendant des siècles. Ville très fortement ancrée dans le milieu rural, les moulins à céréales y ont été nombreux ainsi que les marchés, grands rendez-vous pour les producteurs locaux. Mais la tradition drapière du romorantinais tient également son origine dans cette rivière sur laquelle fonctionnèrent longtemps les moulins à foulon. Situé dans le berceau de la ville, le Musée est entouré par les bâtiments les plus importants tels que l’église Saint Etienne et le château de Louise de Savoie, mère de François 1er.

Propriété des comtes de Blois au Moyen-Age, Romorantin sera par la suite la résidence de la famille d’Angoulême, dont le plus célèbre membre, François 1er, laissera une empreinte importante. Encore de nos jours la présence de son emblème la salamandre dans les armoiries de la ville, témoigne de son attachement pour celle-ci. Il imagina même avec Léonard de Vinci faire de la Capitale de la Sologne, la Capitale du royaume avec un projet de la ville nouvelle et de palais royal. Au fil des siècles, la destinée de la ville fut liée à celle de la Sologne allant de période de misère en période prospère.

Des grands noms resteront dans la mémoire des romorantinais, tels que :

– Ovide Scribe, artiste peintre et céramiste dont certaines œuvres sont visibles au musée et sur sa dernière demeure.
– La famille Normant dont l’usine textile a donné du travail à la population du 19 ème siècle aux années 1960.
– Suivie de Matra qui installera ses machines de production automobile sur le même site jusqu’en 2003.

 

Les coutumes Solognotes

Les habits
Autrefois, les Solognots adaptaient leur tenue vestimentaire en fonction des jours de la semaine et des saisons.  Au quotidien, les habits devaient permettre de pratiquer un travail physique. La femme coiffée d’un bonnet appelé « câline », portait un tablier protégeant une jupe en droguet et un caraco en coton. Le solognot portait quant à lui une tenue assez large composée d’un pantalon en droguet et d’une grande blouse bleue nommée la « biaude ». Tous portaient des sabots façonnés dans du bois de bouleau plus ou moins décorés. Les dimanches et les jours de fêtes étaient l’occasion de revêtir leurs plus belles tenues. Tout en restant assez modestes, les femmes se paraient de bijoux, de tissus plus précieux tels que le cachemire, et leurs coiffes de cérémonie s’agrémentaient de fleurs brodées. Le musée de Sologne vous propose un aperçu de ces différents types de vêtements.

Les croyances
Au fil des siècles, les croyances des Solognots empreintes de superstitions, reflètent une frontière étroite entre religion et paganisme. Très attachés à la religion chrétienne, ces habitants vont parfois introduire des rituels païens dans la pratique du culte. Les maquettes des fontaines de St Thibault à Menestreau-en-Villette, St Baudemir à Bauzy ainsi que la statue de saint Viâtre exposées au musée, illustrent les vertus miraculeuses qu’on leur attribuait : guérir les fièvres et maux de tête, les coliques, les maux de genoux et d’yeux ou encore rendre intelligent et moins boudeur… Des cas de sorcellerie et de pratiques occultes ont également été recensés sur le territoire.

L’habitat
Le Musée de Sologne vous permet de découvrir quel était le cadre de vie des solognots autrefois grâce à des reconstitutions d’intérieurs et des maquettes. On distingue deux types d’habitats dans ce milieu rural : la métairie et la locature. Ces fermes plus ou moins grandes étaient louées par des agriculteurs à un grand propriétaire en échange de journées de travail ou d’une partie de leur production. Ces bâtiments possédaient une architecture composite alliant des matériaux locaux tels que la brique, les pans de bois, les tuiles, le torchis et les moellons. De confort restreint, le sol des intérieurs était généralement en terre battue ou en tomettes de terre cuite.

 

La Sologne, terre de briquetiers

La brique et les tuiles sont des matériaux de construction caractéristiques en Sologne. On estime que leur origine dans la région remonte à l’époque Gallo-Romaine. Elles furent, longtemps réservées aux constructions seigneuriales et religieuses, tandis que l’habitat traditionnel était constitué de pans de bois, torchis et toit de chaume. C’est au XIXème siècle que la terre cuite connait un grand essor en Sologne, avec un grand développement du nombre de briqueteries et tuileries, passant de 30 en 1760 à plus de 500 à l’aube du XXème siècle.  Les estampilles visibles sur les briques exposées au Musée de Sologne nous indiquent où et par qui elles ont été façonnées.  Cette forte production s’explique par les richesses des ressources naturelles locales, qui apportent aux tuiliers les matières premières que sont l’argile et le bois des forêts pour la cuisson. La tuilerie de la Bretèche, à Ligny-le-Ribault est le dernier témoin de cette activité patrimoniale. On peut encore  y assister aux différentes étapes de fabrications artisanales : l’extraction de l’argile, le malaxage, l’estampillage, le séchage et la cuisson.

 

La Sologne des Châteaux

On compte environs 500 châteaux sur le territoire solognot, dont la majorité a été construite au XIXème siècle. C’est à cette époque que Napoléon III met la Sologne à la mode en achetant de grands domaines en 1852 : Saint Maurice à Lamotte-Beuvron et la Grillaire à Vouzon. Les membres de la bourgeoisie et de la noblesse le suivent et se font construire des châteaux. En effet ce territoire récemment assainit par le Comité Central Agricole, est aussi devenu très accessible depuis Paris avec le développement du chemin de fer. De plus ces riches propriétaires peuvent s’adonner aux loisirs de la chasse au sein des forêts giboyeuses de Sologne.

L’architecture et la décoration de ces somptueuses résidences secondaires reflètent les goûts de l’époque. En effet, les premières restaurations de monuments historiques qui ont lieu au XIXème siècle, inspirent les architectes, qui vont copier largement les styles du passé. Aux demeures néo-gothique, néo-renaissance, néo-classique, viennent s’ajouter de faux chalets normands de style Régionaliste.

 

La Chasse en Sologne

La vènerie
La chasse à courre, aussi appelée vènerie, tient ses origines de l’époque de François 1er. Ce roi chasseur a codifié cette tradition, notamment en organisant les allées des forêts comme celle de Bruadan et en construisant des « rendez-vous de chasses » tel que le château de Chambord. Encore d’actualité en Sologne, cette chasse  se pratique à cheval avec une meute de chiens spécialement dressés. Chaque équipage de veneurs possède ses propres mot d’ordre, boutons et code couleur dans leur tenue.

La chasse à tir
Au XIXème siècle, la bourgeoisie met à la mode la chasse à tir en Sologne. Cette activité va engendrer un développement économique du territoire avec notamment la construction de nombreux châteaux servant de « rendez-vous de chasse », les locations de terre de chasse et les élevages de gibier. Cet engouement pour les forêts solognotes qui comptent beaucoup de propriétés privées va aussi permettre la création du métier de Garde Chasse.

Le braconnage
C’est après avoir perdu le droit de chasser jour et nuit, qui avait été attribué par la Comtesse de Blois au XIIIème siècle, que de nombreux solognots deviennent braconniers. Ce délit conduira à de nombreux procès au tribunal de Romorantin, lequel détient toujours le record français dans ce domaine.  Le braconnage fait partie de l’identité de la Sologne, avec des personnages tel que « Raboliot » de Maurice Genevoix auquel beaucoup s’identifieront.

 

Les métiers d’autrefois

Jusqu’à la fin du XIXème siècle, les métiers des Solognots étaient étroitement liés à l’environnement de ce territoire, alors pourtant peu favorable à la prospérité. En effet les conditions de vie en Sologne étant difficiles, les habitants devaient exploiter toutes les ressources naturelles possibles et souvent combiner plusieurs activités  pour subvenir à leurs besoins. Ainsi certains travaux s’effectuaient au sein des fermes et des champs, tels que l’agriculture, l’apiculture, la production d’asperges, la viticulture, l’élevage  de moutons Solognots et la production de produits laitiers (fromage de chèvre, beurre, crème…). De plus l’exploitation des forêts fournissait du travail in situ, au bucheron, fendeur, scieur de long et charbonnier. Le bois devenait  ensuite la matière première de nombreux métiers solognots, tels que le sabotier, le balaitier, le charron, le tonnelier ou encore le chaisier. Les nombreux outils exposés au Musée de Sologne, témoignent de ces anciens métiers difficiles et artisanaux, souvent oubliés aujourd’hui à l’époque de l’industrie et des nouvelles technologies.

 

Le patrimoine naturel de Sologne

L’environnement de la Sologne est composé de trois grands paysages que sont les étangs, les forêts et les landes, dont des reproductions sont visibles au musée. Chacun de ces milieux naturels possède ses propres faune et flore, qui sont immortalisées par les œuvres de photographes professionnels exposées au musée.

Les étangs solognots, dont l’origine remonte au Moyen-âge, ont permis d’assainir ce territoire marécageux, longtemps sources de maladies tel que le paludisme. Les grands gibiers comme le cerf et le sanglier ont fait la réputation des forêts de Sologne. Ce patrimoine naturel aura un impact important sur l’identité de ce territoire aussi bien dans la toponymie, que dans son architecture, les activités professionnelles des habitants, et  les loisirs de la chasse et de la pêche.

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